Diesem Blog präsentiert verschiedene meiner privat verfassten Texte . Die Herangehensweise ist multilingual und interdisziplinär. Die Themen sind international und betreffen vor allem Politik, Nachhaltigkeit, soziale Aspekte und eine Auswahl bestimmter Wirtschaftszweige.
Viel Vergnügen! - JJ Bürger -

Ce blog rassemble une partie de mes textes, créés en dehors de mes activités professionnelles. L'approche est plurilingue et interdisciplinaire. Les sujets sont internationaux et concernent notamment la politique, la durabilité, des aspects sociaux et certains secteurs de l'économie. Bonne lecture! - JJ Bürger -

Wednesday, December 28, 2011

Agriculture : Une réforme PAComme les autres (4)

Par JJB

Les propositions de la Commission pour la réforme de la PAC ont été qualifiées par certains de « révolutionnaires ». Depuis longtemps, ce genre de vocabulaire a accompagné l’histoire des réformes de la politique agricole européenne. Par exemple, quand il était commissaire à l'agriculture, Ray MacSharry a utilisé ce même mot, lorsque la Commission a publié le 31 janvier 1991 le document de réflexion intitulé « Évolution et avenir de la politique agricole commune ». En effet, ce commissaire irlandais avait défendu cette nouvelle stratégie afin de révolutionner la PAC et les négociations au sein du GATT.

Comme nous avons déjà vu, il n’est pas encore certain quelles seront les conséquences définitives de la nouvelle réforme de la PAC. Certaines des propositions « révolutionnaires » pourraient faire l’objet de modifications profondes. En attendant les résultats de ce processus de négociation, pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur l’histoire des « révolutions » agricoles ? En effet, c’est toujours bénéfique de se détacher du contexte contemporain et de gagner, avec un point de vue panoramique, une autre compréhension des enjeux acteuls.


La révolution agricole aux temps bibliques

Selon Donald G. Baker, il y a une importance relevant de l’agriculture et de la sociologie religieuse dans l’histoire biblique des 7 ans „gras“ et des 7 ans „maigres“. Cette histoire parle de Joseph qui réussit à interpréter les rêves mystérieux du pharaon : son pays allait connaître sept ans fertiles de récoltes très riches, et ensuite sept ans de pénuries agricoles. Grâce à cette bonne interprétation, le pays constitue ensuite des stocks alimentaires pendant la période d’abondance, qui lui permettent ensuite de faire face à l’austerité. Pour D.G. Baket, il s’agit là d’une transcription dans la mémoire collective d’un changement de cap : la prise de conscience de la nécessité d‘une prévoyance agricole, et la considération que les sacres aux Dieux ne suffisent plus.

Ce changement de cap s’inscrit, pour D. G. Baker dans un contexte plus large, où le souhait de cultiver les plantes et les animaux signifie également le besoin de cultiver l‘homme et de rationaliser ses activités. Ainsi, agriculture et civilisation seraient interconnectées depuis toujours.


Révolutions du Moyen Âge

Le Moyen Âge a vu naître de nombreux „révolutions“ agricoles. À ce titre, on pourrait citer, par exemple, les déforestations, la formation de villages agricoles, plusieurs innovations techniques (collier de cheval, fer à cheval, etc.) et agricoles (cultures, rythme d‘exploitation, etc.). Néanmoins, il convient de garder à l’esprit que tous ces processus n’ont pas toujours été réalisés du jour au lendemain, ni de façon consciente, alors que le mot « révolution » fait justement référence aux changements brusques poursuivant un objectif bien identifié et réfléchi. Ainsi, on pourrait s’interroger si ces révolutions médiévales n’étaient pas plutôt des simples évolutions.



De la renaissance à l’ère industrielle

Wikipedia n’hésite pas à le dire de manière définitive : « À la fin du XIXe siècle, le monde paysan a effectué une première révolution ». 

Face à ce genre de constat, le chercheur Jean-Marc Moriceau regrette que l’on ait souvent l’impression que « seule l’entrée dans la Révolution industrielle » donnait droit au progrès. Or, selon J.M. Moriceau, il ne faut pas sous-estimer le XVIIIe siècle, marqué, lui aussi, par un certain dynamisme agricole, ni la période de 1560 à 1690, dont la stabilité ne devrait pas être associée à l’immobilité. Au contraire, selon J. M. Moriceau, c’est sur la base de cette stabilité que des progrès ont été possibles au XVIIIe siècle; et c’est en s’appuyant sur ces acquis-là que la « révolution » du XIXe et du XXe  siècle a été réalisé (cf. Jean-Marc Moriceau: Terres Mouvantes. Les campagnes françaises du féodalisme à la mondialisation. XIIe-XIXe siècle. Fayard, Paris, 2002. page 33).

Ainsi, la « révolution » agricole ne serait pas le fruit de la Révolution industrielle, mais de plusieurs siècles de progrès agricoles. À l’inverse, il y a également certains qui remettent en cause que la Révolution industrielle aurait été alimentée par une révolution agricole. À ce titre, J.L.Lenhof affirme : « Aucun grand pays industriel d‘Europe, pas même la Grande-Bretagne, n‘a connu au XIXe siècle de révolution agricole, au sens d’une mécanisation de la production. La révolution industrielle a en effet été « nourrie » essentiellement grâce aux apports d’une pêche maritime intensifiée et grâce aux produits agricoles des « pays neufs » […] obtenus de façon extensive, sur des terres jusque-là vierges. » (cité selon Jean-Marc Moriceau, op. cit., page 62)


Conclusions sans harmonie parfaite

Toutefois, il ne serait pas inconcevable de contester ces hypothèses, par des analyses approfondies des pratiques et des changements structurels de l’histoire de l’agriculture, notamment au XIXe siècle. Cette discussion dialectique et détaillée ne peut pas s’effectuer dans le cadre restreint d’un blog, car elle nécessiterait plutôt des milliers de pages d’analyse.  Néanmoins, ces premières réflexions peuvent d’ores et déjà nous servir d’exemple qui illustre plusieurs choses.
D’abord, il faut se méfier des réponses trop faciles et stéréotypées (par exemple « siècles de l’immobilisme total » versus « période minuscule de progrès énorme »); souvent, des concepts plus nuancés sont bien plus pertinents.
Par conséquent, il convient toujours de valoriser non seulement les prétendues « grandes révolutions », mais aussi les petits détails – en se cumulant et en persistant à travers le temps, ceux-ci peuvent gagner une force inattendue.
Enfin, tenons à l’esprit que, contrairement à certaines idées reçues, l’agriculture n’est pas une chose uniforme qui était là depuis toujours et qui sera également toujours là dans l’avenir. Au contraire, comme beaucoup de choses, l’agriculture change tous les jours, elle doit se réadapter sans cesse – et pour réussir ce défi, « c’est un combat de tous les jours », comme disait récemment le ministre Bruno Le Maire lors d'une réunion des Chambres d'agriculture.

Friday, December 2, 2011

Quelles possibilités pour un urbanisme de la poésie?

Par JJB

Se réapproprier l’espace public de la ville – c’est un objectif qui évoque de multiples associations, allant de certaines craintes et utopies sociologiques et urbanistes jusqu’à différentes formes d’art.
La contestation politique, elle aussi, peut investir les endroits publics; ainsi, le mouvement « Occupy » se définit justement par l’occupation, c’est-à-dire la réappropriation, de l’espace public pour une certaine cause politique.

Pourtant ce n’est pas cette (ré)appropriation combattante dont on parlera ici, mais uniquement de l’art comme moyen inclusif des individus pour changer de point de vue sur l’espace public.

D’ailleurs, il faut aussi mentionner que l’appropriation culturelle ou politique de l’espace public peut également être vécue comme une chose très négative, lorsque l’espace est occupé de manière exclusive, c’est-à-dire en marginalisant certains groupes de personnes.
Ici, au contraire, nous ne parlons que de ce genre d'art en public qui invite les passants à participer dans le jeu du changement de regard, plutôt que de leur imposer un point de vue en particulier.

Facile donc pour les beaux arts, la musique et les arts performatifs, de se manifester dans l’espace public de manière inclusive et spontanée. Par exemple:

Les Beaux Arts

Banksy - Caveman ; source

La musique

Contribution à la Fête de la Musique; source


Les arts performatifs

Flashmob de danse; source

Quant à la littérature, elle est moins à l’aise quand il s’agit de relever ce défi. Et pour cause : en effet, comment un individu ou un petit groupe de personnes pourraient-ils mettre en scène de la littérature dans les lieux publics, malgré le stress et la circulation à grande vitesse de la ville ? Ne comptons pas la poésie dans le métro (car non spontanée, mais installée par la direction), les slams (pas un lieu véritablement public) ou les tags (trop courts pour relever de la littérature, et souvent plutôt agressifs qu’inclusifs).
C'est pourquoi une initiative de Clameurs.fr et Welovewords.fr est venue combler ce vide, avec le soutien de la mairie de Paris.
Il s'agit d'écrire de courts textes sur des endroits précis à Paris, qui peuvent être lu sur le site de Welovewords, un réseau social littéraire, et qui peuvent être lié à une carte interactive de la ville de Paris, via Clameurs. Cette carte interactive permet ensuite à chaque utilisateur d'un smart phone d'avoir accès aux textes qui ont été enregistrés sur les lieux du quartier dans lequel il se trouve. Parmi toutes les contributions, un texte sera couronné par un événement festif qui se déroulera au lieu décrit par le texte.

Certes, on pourrait dire que les barrières technologiques sont trop importantes pour qu'une grande majorité de passants puisse consulter ces oeuvres; que l'événement pour le texte gagnant n'est pas purement littéraire, mais aussi musical; que tout cela vise plutôt à faire vivre des gadgets Web2.0 qu'à promouvoir la culture; on pourrait même dire que les textes ne se manifestent pas vraiment dans l'espace public, mais qu'ils restent prisonniers du monde parallèle qu'est l'informatique.
Mais attention: la commercialisation est souvent encore plus frappante lorsqu'il s'agit des arts visuels ou performatifs (à titre d'exemple: cliquer sur les "sources" des images de Banksy et du flashmob ci-dessus).
De plus, au lieu de critiquer les obstacles qui persistent lors du mariage entre la littérature et l'espace public, mieux vaut apprécier les belles synergies que ces deux mondes peuvent développer.

Par exemple, certains utilisateurs ont tenté d'affronter le monde urbain, parfois hostile, de manière lyrique : en écrivant un poème sur le quartier d'affaires de la Défense ou sur les Invalides.
Un autre exemple est la contribution d'EUplanet, qui décrit la rencontre Oberkampf Voltaire (cf. ci-dessous). N'hésitez pas à voter pour vos favoris sur welovewords.fr !

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Oberkampf Voltaire

L’onzième arrondissement se situe entre la République, la Nation, la Bastille et Père Lachaise. Et ce mélange de révolutions monumentales et de réalités lourdement banales qu’elles deviennent, ce mélange est traversé par le boulevard Voltaire, en largeur, et par la rue Oberkampf, en longueur. Voltaire commence par des restaurants et finit par des banques, en passant par des boutiques de vêtements dégriffés, venues de l’étranger. Oberkampf commence par un cirque, près de ce qui fut le boulevard des crimes, et finit par la restauration rapide américaine. Voltaire fut philosophe, Oberkampf, venu de l’étranger, fut producteur de vêtements dégriffés pour Napoléon.


Lorsque leurs voies se croisent… rien ne se passe.


Néanmoins : en faisant très attention, on peut entendre murmurer le canal Saint-Martin, qui se cache sous les boulevards Richard Lenoir et Jules Ferry. Une file d’attente arrive jusqu’à la rue Oberkampf, car les gens ont envie d’écouter les musiciens ou le politicien qui se produiront sur la scène de la fameuse discothèque colorée, juste à côté. Une veille dame rentre du marché, les sacs bien remplis. Dans l’autre direction, deux personnes rentrent de leur balade au Marais en se disputant froidement. Leur chien écoute. Plus loin, devant la boutique des motards, les Communards avait érigé une barricade.
Un groupe de jeunes s’est trompé : les bars se trouvent à l’autre bout de la rue Oberkampf. Une famille passe, qui n’habite plus ici; car ailleurs, il y avait une chambre de plus et une atmosphère plus distinguée. Mais leurs visages ne font pas mine de regretter le changement. Les amis touristes visitent le quartier et adorent l’architecture. Pourtant, sur les balcons du boulevard, au sixième, ce ne sont pas que les fortunés qui bronzent, mais aussi les draps d’un couple de retraités. Et même en bas, sur le trottoir Oberkampf Voltaire, le soleil frappe jusqu’au soir, là où il n’y a aucun vis-à-vis.chambre de plus et une atmosphère plus distinguée. Mais leurs visages ne font pas mine de regretter le changement. Les amis touristes visitent le quartier et adorent l’architecture. Pourtant, sur les balcons du boulevard, au sixième, ce ne sont pas que les fortunés qui bronzent, mais aussi les draps d’un couple de retraités. Et même en bas, sur le trottoir Oberkampf Voltaire, le soleil frappe jusqu’au soir, là où il n’y a aucun vis-à-vis.

Thursday, November 10, 2011

What if the true reason of the crisis was... energy?

By JJB

1) Introducing Jeremy Rifkin

What if the true reason of the crisis was energy prices? That's what Jeremy Rifkin suggests, an internationally renowned government and business consultant, author and social critic. According to him, the true beginning of the crisis was when the price of oil hit 147$ per barrel in July 2008. When asked by a journalist about another event (that is more commonly considered to have triggered the crisis), the bankrupcy of Lehman Brothers in September 2008, Rifkin insisted that this was just another side effect of the rising oil prices. Or, in a more general perspective, Jeremy Rifkin advocates the idea that the "old" business model of Western civilisation doesn't work anymore, as it is too focussed on oil. Rifkin argues that highly oil-dependant economies cannot efford to buy all the oil that would be needed to continue to meet the energy demands of this "old" business model. Therefore, the "old" machine produces either much less economic growth than needed, or it consumes too much money - or a bit of both at the time. For Rifkin, increasing American consumer debts was just one of many ways of trying to avoid a structural change within the old energy and business model.
The president of the Foundation on Economic Trends (an organisation which is also known as "The office of Jeremy Rifkin") therefore urges the world's nations to enter a new era of decentralized energy production, beyond fossil fuels - and to make important investments in this new model for business and energy consumption. While this idea may seem rather bold and difficult to realise, due to the recent wave of austerity measures, Rifkin argues that these investments are nonetheless vital for overcoming the crisis of today's system. When decentralising energy production, major energy companies are likely to lose an important part of their market share. Rifkin's answer to that is to transform these companies from energy producers to energy consultants and managers, if they want to be part of tomorrow's winners. Citing IBM as an example for a company moving from production to consultancy and management, Rifkin says that high officials of major European energy companies, such as E.ON and EnBW, agree with his ideas for the energy business of the future.


2) Agreeing or not?
One might react to Mister Rifkin's ideas by referring to the outsourcing of industrial production from industrialised countries to developing countries. In fact, this might suggest that the real problem is not a certain model of energy consumption and business, as Mister Rifkin argues, but rather a shift in its engagements - developing countries adopt the Western model and prosper, industrial countries outsource an important part of the old model (industrial production) and decay, while trying to avoid the final collapse by taking credits. From this point of view, the main issue is the balance of international trade, not energy. As a consequence, what is needed would be less (instead of more) state intervention concerning environmental regulation in general and certain types of energy production in particular - so that industrial production can reconquer Europe.
Others might argue that even emerging countries such as China cannot continue infinitely to increase their economic production and their oil consumption at exponential rates. And that the solution for the West is not to choose between environment and industry, but to make them coexist more peacefully. After all, even chief economists of the International Energy Agency (IEA) affirm: "The age of cheap oil is over", as their study shows that the all time-peak of crude oil production was probably reached in 2006. Therefore, we might either way have to prepare for a future that is less dependant on oil - an idea that everyone might probably agree on, even though there is still a controversy about the urgency and the intensity of that change.
When facing this controvery, Jeremy Rifkin is very confident about the possibility of realising a rapid overall change, for example by enhancing electric mobility and smart grids, or by promoting solar and geothermal energy as standard features that transform all buildings into micro-powerstations. Yet, it should be said that Rifkin is in a position where optimism comes rather easy: as a consultant, he just delivers the ideas, while it is up to politics, the economy and the civil society to make them come true.

3) Conclusion
Let's not forget that delivering ideas is very important work, and that Mister Rifkin has been very innovative in that job throughout the decades. But let's also note that it is now the turn of other forces - politics, economy, civil society - to show whether they are capable and willing to live up to these ideas. This is a continuing process that has no explicit beginning or ending - we will see where it leads (or rather: where we make it lead). In any case, those who help stimulating a rational, open-minded debate by their ideas and their actions will play an important role for defining tomorrow's post-crisis policies. These policies may concern energy issues, but they will also have to address other problems, such as the finance system, debts and international trade.

Tuesday, November 8, 2011

Agriculture : Une réforme PAComme les autres (3)

Par JJB


3) PROCHAINES ETAPES

Maintenant que la Commission européenne a dévoilé ses proposition législatives, le processus de codécision pourra se mettre en marche. Cela signifie que le Parlement européen et le Conseil de l'UE doivent approuver la proposition de la Commission, éventuellement après y avoir apporté des modifications. A la fin de ce processus, le Parlement et le Conseil doivent avoir trouvé une version définitive des propositions législatives - ils doivent donc trouver un compromis. Celui-ci est attendu pour le premier semestre de 2012, durant lequel la présidence du Conseil de l'UE sera assurée par Chypre. Ensuite, les Etats-membres devront communiquer à la Commission leurs choix nationaux, qui seront éventuellement prévus par le texte final. Ainsi, l'ensemble des agriculteurs européens sera à même de connaître les choix nationaux avant le début de la campagne agricole 2013/2014. Pour cela, la notification devra se faire au premier semestre 2012 (présidence irlandaise) ou au début du second semestre 2013 (présidence lituanienne).
Ensuite, la nouvelle PAC devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2014, sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne.

Monday, November 7, 2011

Agriculture : Une réforme PAComme les autres (2)

Par JJB


2) LES REACTIONS



Lors de la communication de la Commission européenne sur l'avenir de la PAC, les députés du Parlement européen n'ont pas manqué cette occasion de mettre en avant leurs points de vue. 


Citons d'abord l'allemand Albert Deß (du Parti populaire européen, PPE), qui était également le rapporteur du Parlement européen lors du rapport sur la PAC à l'horizon de 2020, voté le 31 mai 2011. Le communiqué de Monsieur Deß, publié suite à la présentation de la Commission, promet que "le Parlement européen luttera pour une politique agricole européenne qui soit forte et moins bureaucratique". Ainsi, il souhaite que les agriculteurs "puissent passer plus de temps auprès de leurs champs et leurs animaux et non derrière leurs bureaux". Afin d'être plus écologiques, plus performantes et plus justes, les aides agricoles devraient être maintenues et mieux distribuées, toujours dans le système des deux piliers. Albert Deß exclut toutefois le recours excessif aux jachères, qui ne serait pas, selon lui, en phase avec l'augmentation de la demande mondiale des produits agricoles.


Deçu de ces propositions, le portugais Luis Manuel Capoulas Santos (Socialistes et Démocrates, S&D) a déclaré : "La proposition de la Commission est bien de loin mais loin d'être bien". Pour lui, celle-ci n'est pas à la hauteur de ce que la commission parlementaire chargée de l'agriculture avait proposé - notamment en matière du verdissement, la réduction de la bureaucratie et la régulation du marché. En effet, Monsieur Capoulas Santos est très actif dans cette commission parlementaire, où il a, entre autres, accompagné, en tant que rapporteur, l'avis pour le budget agricole 2012. C'est un sujet dont la commission parlementaire des budgets est chargée en première ligne, mais la commission de l'agriculture est toutefois saisie pour avis, pour ce qui concerne le budget agricole. Ainsi, Monsieur Capoulas Santos a souligné qu'il était important de maintenir un budget agricole conséquent, afin de pouvoir répondre aux enjeux actuels. Il a également insisté sur la nécessité de faire plus d'efforts pour faire converger les aides que reçoivent les anciens et les nouveaux Etats-membres - un sujet qu'il avait déjà mis en avant lors des débuts du débat de la réforme


Pour l'écossais George Lyon (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, ALDE), "les propositions pour la PAC passent à côté des vrais enjeux". Malgré un certain nombre de points positifs, il fait valoir de lourdes critiques, concernant entre autres le verdissement qui ne serait pas opérationnel (mais plutôt un frein à la compétitivité) et l'obligation de laisser inexploité 7% des terres. Ceci dit, Monsieur Lyon note que plusieurs améliorations ont été apportées pour les agriculteurs écossais. Très impliqué dans le débat sur la PAC, George Lyon a figuré, en 2010, comme rapporteur parlementaire du rapport sur l'avenir de la PAC après 2013, et il a contribué à plusieurs reprises au débat public.




Martin Häusling, porte-parole en matière agricole des Verts au Parlement européen, se dit, lui aussi, déçu des propositions dévoilées par la Commission, d'autant plus qu'il avait accueilli de façon très chaleureuse la première communication en 2010. Aujourd'hui, Monsieur Häusling déplore une "coalition récalcitrante" (dirigée avant tout, selon lui, par son pays natal, l'Allemagne, et les lobbies agricoles) : celle-ci aurait, durant une année, estompé les ambitions initiales de la Commission. Selon le député Vert, les propositions environnementales ne sont pas à la hauteur de l'urgence, et la priorité mise sur l'innovation et la recherche n'est pas automatiquement bénéfique pour l'environnement, car elle pourrait aussi entraîner une intensification des impacts négatifs. Récemment, Martin Häusling était le rapporteur parlementaire sur l'importance de la production et des labels biologiques, et des protéines végétales pour une politique agricole européenne durable.




En ce qui concerne les coopératives et organisations agricoles, leurs réactions sont hétérogènes, tout comme leurs perceptions de l'agriculture. En Irlande, l'Irish Farmers' Association (IFA) est opposée aux propositions de la Commission, car le paiements fixes pourraient réduire sensiblement les revenus agricoles irlandais, selon l'IFA. En général, les propositions seraient "très négatives pour l'agriculture irlandaise et ses agriculteurs actifs". De même, le ministre irlandais de l'agriculture, Simon Coveney, s'est dit déterminé de lutter pour le maintien des aides perçues par l'Irlande.
Par contre, comme le rappelle le ministère polonais de l'agriculture, les anciens Etats-membres sont, en général, favorable au système actuel des aides, tandis que les nouveaux Etats-membres souhaitent accroître leur part du gâteau.


Face à cette multiplicité de critiques, Dacian Ciolos, Commissaire à l'agriculture et au développement rural, a souligné, lors de ces conférences de presse et devant les associations et le parlement, la nécessité de trouver un compromis (par exemple ici, au sujet de la Roumanie). C'est une tâche difficile lorsqu'il s'agit d'un domaine si controversé, d'autant plus que c'est la première fois que l'on discute d'une réforme de la PAC sans connaître le budget de la politique agricole, dont les négociations sont toujours en cours.


Dacian Ciolos, commissaire à l'agriculture, et Marek Sawicki, ministre polonais de l'agriculture. Source: Reuters









Friday, October 28, 2011

Agriculture : Une réforme PAComme les autres (1)

Par JJB


1) LES PROPOSITIONS DE LA COMMISSION

Le 12 octobre 2011, Dacian Ciolos, le commissaire à l'agriculture et au développement rural, a dévoilé les propositions de la Commission européenne pour la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Celle-ci rentrera en vigueur le 1er janvier 2014, pour la période 2014-2020. Les enjeux sont considérables: comment satisfaire à la fois les principes du libre-échange de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et les exploitations agricoles en position fragile sur le marché (de par leur taille, leur fonctionnement extensif ou leur situation géographique)? Comment assurer la sécurité de l'approvisionnement alimentaire, et donc la productivité, en même temps que la prise en compte des aspects environnementaux? Comment, enfin, instaurer un meilleur équilibre entre les subventions par hectare parmi les différents Etats-membres? En effet, aujourd'hui, en moyenne, les aides s'élèvent à plus de 500 euros par hectare en Grèce, et autour de 100 euros dans les pays baltes.

Face à ces challenges, les propositions de la Commission européenne ont de quoi surprendre. En effet, c'est un éventail très large de mesures créatives.
AInsi, il est prévu de mieux cibler les aides aux revenus, à travers des nouveaux paiements pour soutenir la viabilité du secteur agricole (notamment des aides pour les jeunes agriculteurs et les zones défavorisées), et une aide de base réformée: celle-ci sera plafonnée à un maximum de 300.000 euros par exploitation/an, et n'augmentera que de manière dégressive à partir de 150.000 euros; de plus, elle sera mieux repartie entre les agriculteurs, les régions et les Etats-membres.
Les pratiques agricoles protegeant l'environnement feront l'objet de 30% des paiements directs (il y a même une discussion sur la possibilité de supprimer une partie supplémentaire des aides directes pour les agriculteurs qui ne mettent en oeuvre aucune pratique de protection environnementale).
De même, suite aux chocs des prix alimentaires des dernières années, la Commission propose la création d'une réserve de crise, forte de 3,5 milliards d'euros, afin de financer des outils de gestion de crise, qui soient efficaces et réactifs. Au sein de la chaîne alimentaire, la Commission souhaite renforcer la position des agriculteurs, par exemple grâce à une meilleure transparence des règles de concurrence, un système d'organisations interprofessionnelles et des circuits plus courts et directs entre les producteurs et les consommateurs. Quant au budget de recherche et d'innovation agronomique, la Commission entend bien le doubler, afin de mettre en place une "agriculture de la connaissance".
Le deuxième pilier de la PAC, celui qui est destiné au développement rural (à la différence du premier pilier, qui concerne le soutien du marché et des prix), jouera un rôle encore plus important pour préserver les multiples fonctions de l'agriculture sur l'ensemble du territoire (et non pas seulement sur quelques zones agricultures particulièrement favorables) : en effet, l'agriculture est un fournisseur d'emplois, de nourriture et de matières premières, ainsi qu'un élément-clé pour la vie sociale, les traditions et l'identité locales, ainsi que pour l'entretien des paysages...
Enfin, la Commission souhaite rendre la gestion de la PAC plus efficace et plus simple.

Reste à savoir ce qui restera de ces nombreuses ambitions à la fin du processus de mise en oeuvre des détails qui va commencer maintenant... De plus, le budget de la nouvelle PAC n'a pas encore été décidé, - une incertitude majeure qui pèse sur les projets actuels.

Wednesday, October 19, 2011

Qui sera "la nouvelle Arabie saoudite de l'énergie solaire"? Le Groenland, la lune, les partenariats Europe-Maghreb ou les Emirats arabes unis

Par JJB

En Groenland, certains citoyens sont fascinés par l'énergie solaire. Et ce alors que, pendant 6 mois sur 12, cette région nordique ne profite pas pleinement du soleil. Mais malgré les sévères nuits arctiques, les défenseur de l'énergie solaire insistent: à cause des réflêts sur la neige, il y aurait, même en hiver, une luminosité considérable. De plus, selon eux, il s'agit aussi de faire changer les mentalités, afin que leurs concitoyens s'habituent à l'idée que l'électricité ne provient pas forcément toujours de moteurs diesel.

Source : http://www.guardian.co.uk/environment/2008/feb/05/climatechange


Plus incroyable encore que l'énergie solaire en Groenland, c'est l'énergie solaire... sur la lune! C'est un projet qui a été élaboré par l'entreprise japonaise Shimuzu corporation sous le nom de "Luna Ring". Un miroir des rayons de soleil, en forme d'anneau autour de la lune. Les images du site de l'entreprise parlent pour elles-mêmes. Reste à savoir quels seront les coûts, ne serait-ce que ceux de la construction d'un anneau de 40km de largeur autour de la lune... sans compter le coût de la technologie à instaurer sur la lune et sur terre.






Face à de telles conceptions, les projets à l'instar de Desertec, entre l'Europe et les pays du Maghreb, ne semblent plus si improbables... Néanmoins, Desertec rencontre aujourd'hui encore un certain nombre d'obstacles de lancement ainsi que des critiques d'ONG. Dans tous les cas, c'est un véritable défi pour deux objectifs majeurs de la politique d'énergie de l'Union européenne : la sécurité de l'approvisionnement énergétique, et "l'Europe qui parle d'une seule voix" en matière de politique énergétique étrangère.



Source: Neue Zürcher Zeitung

Dans la course vers les nouveaux Eldorados de l'énergie solaire, les journalistes et les commerciaux qualifient les projets souvent de "nouvelle Arabie saoudite de l'énergie renouvelable". Et si cette nouvelle Arabie saoudite était... les Emirats arabes unis? Ceux-ci ont lancé, eux aussi, un projet immense, appelé Shams 1 ("shams" signifiant soleil en arabe). Avec 100 à 125 MWe, c'est la plus grande centrale de production d'électricité à partir de l'énergie solaire thermique au monde. Mais méfiez-vous : certes, à la différence des autres projets, les lieux de la production et de la consommation sont très proches les uns des autres, et le soleil n'est jamais rare à Abou Dhabi. Mais ce n'est pas pour autant que ce projet est à l'abri de complications. En effet, le rendement énergétique risque d'être inférieur aux prévisions, car les particules de poussière et de sable absorberaient une partie considérable de l'énergie solaire. Ainsi, les études préalables, faites à partir de satellites, n'auraient pas réussi à déduire cette énergie perdue du total de l'énergie solaire qui frappera Shams 1.

Monday, October 10, 2011

Energie européenne : Compteurs intelligents, production intelligente, consommation intelligente? (2), (3)

Par JJB

Dans la mesure de ce qui est techniquement possible et économiquement et écologiquement raisonnable, les États-membres de l'Union européenne "veillent à ce que [...] les clients finals [...] reçoivent [...] des compteurs individuels qui mesurent avec précision leur consommation et qui fournissent des informations sur le moment où l'énergie a été utilisée." C'est ce qui est stipulé dans la directive européenne sur l'efficacité énergétique de 2006, article 13. La proposition pour une nouvelle directive sur l'efficacité énergétique retient cette idée et propose le 1er janvier 2015 comme date limite pour que "la facturation soit précise et fondée sur la consommation réelle" dans tous les Etats-membres (article 8.2).
Si ces textes concernent plusieurs formes de consommation d'énergie (à savoir l'électricité, mais aussi le gaz naturel, l'eau chaude, ainsi que le chauffage et le refroidissement urbain), c'est aujourd'hui dans le domaine de l'électricité que la technologie des "compteurs intelligents" (anglais : smart meters) a fait le plus de progrès. Il s'agit de boîtiers numériques permettant d'identifier la consommation en temps réel d'électricité, et de faciliter les interventions à distance, plus rapides et moins chers que l'envoi sur place de techniciens.
Nombreuses sont les méthodes mises en oeuvre dans les différents pays pour atteindre cet objectif...

2) Italie
- POUR -
En Italie, un projet de compteurs intelligents à grande échelle a été déployé, que certains osent même qualifier de "Smart Meter Revolution : Showing the world how it's done", permettant aux clients "attentifs" de réduire leur facture d'électricité de moitié.
En effet, l'initiative italienne a suscité un écho mondial. Enel, le leader italien de la distribution d'électricité, a installé des compteurs intelligents pour 32 millions de clients, dont 27 millions d'installations ont été réalisées en seulement cinq ans. Selon certaines sources, l'investissement a été rentabilisé en seulement quelques années, en sorte que les compteurs intelligents génèrent aujourd'hui des économies de plusieurs millions d'euros par an. D'après Enel, 13 millions compteurs intelligents vont être installés par ses filiales en Espagne durant la période 2010-2015, et le système sera également transposé à la distribution gazière.


3) Allemagne
- CONTRE -
Plusieurs projets de compteurs intelligents sont en marche en Allemagne. EnBW, Vattenfall et RWE ont entâmé leurs projets pilotes. Mais comme en Californie et ailleurs, ces projets ont aussi provoqué des critiques. Par exemple, selon un journal spécialiste et Der Spiegel, leur sécurité informatique ne serait pas suffisamment forte, ce qui pourrait entrainer des cyber-attaques et de fortes perturbations sur le réseau. D'autres craignent que les informations détaillées sur les modalités de consommation d'électricité pourront être utilisées pour surveiller le comportement de chacun (et même le choix d'émissions de télévision!). Également nombreux sont ceux qui remettent en cause la capacité réelle des consommateurs d'adapter leur consommation d'électricité aux fluctuations de prix causées par les heures de pointes de la demande (cf. par exemple ici, sous "Nachteile").

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Une solution qui pourrait satisfaire un bon nombre de ces critiques serait la généralisation d'offres comme le BluePod de l'entreprise française Voltalis, car elle ne concerne que les appareils énergievores (ballons d'eau chaude, climatisation, chauffage, etc.), qui ne révèlent pas de détails trop personnels. Selon Voltalis, ces micro-coupures ne gêneraient pas le confort des consommateurs et permettraient pourtant à chacune des parties impliquées de réaliser des économies. Néanmoins, cette offre n'a pas vocation à remplacer les anciens compteurs; ainsi, elle ne pourra pas prétendre à satisfaire, à elle seule, la directive européenne qui exige un relevé détaillé pour l'ensemble de la consommation d'électricité et d'énergie.

Energie européenne : Compteurs intelligents, production intelligente, consommation intelligente? (1)

Par JJB


Dans la mesure de ce qui est techniquement possible et économiquement et écologiquement raisonnable, les États-membres de l'Union européenne "veillent à ce que [...] les clients finals [...] reçoivent [...] des compteurs individuels qui mesurent avec précision leur consommation et qui fournissent des informations sur le moment où l'énergie a été utilisée." C'est ce qui est stipulé dans la directive européenne sur l'efficacité énergétique de 2006, article 13. La proposition pour une nouvelle directive sur l'efficacité énergétique retient cette idée et propose le 1er janvier 2015 comme date limite pour que "la facturation soit précise et fondée sur la consommation réelle" dans tous les Etats-membres (article 8.2).
Si ces textes concernent plusieurs formes de consommation d'énergie (à savoir l'électricité, mais aussi le gaz naturel, l'eau chaude, ainsi que le chauffage et le refroidissement urbain), c'est aujourd'hui dans le domaine de l'électricité que la technologie des "compteurs intelligents" (anglais : smart meters) a fait le plus de progrès. Il s'agit de boîtiers numériques permettant d'identifier la consommation en temps réel d'électricité, et de faciliter les interventions à distance, plus rapides et moins chers que l'envoi sur place de techniciens.
Nombreuses sont les méthodes mises en oeuvre dans les différents pays pour atteindre cet objectif...


1) France
- DEUX EXEMPLES -
En France, l'opérateur historique a lancé le compteur intelligent Linky, dont la phase d'expérimentation s'est récemment achevée. Environ 250.000 compteurs Linky ont été déployés au total par le distributeur ERDF dans le Grand Lyon et en Indre-et-Loire. La généralisation des compteurs Linky sur toute la France a été annoncée fin septembre 2011. Néanmons, en juin 2011, le projet Linky a fait l'objet de quelques articles journalistiques peu optimistes : suite à un article du Parisien, des sources officielles ont confirmé que le service de suivi détaillé de la consommation via un compte Linky sur Internet pourra éventuellement être payant. Selon les calculs du Parisien, cela pourrait remettre en question la gratuité de Linky pour les clients, malgré les économies d'énergie que ce service permettrait de réaliser.
Cependant, dans son discours de presse du 28 septembre 2011, Eric Besson, ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, retient le principe de la gratuité de l'installation et des services pour les consommateurs (grâce à l'auto-financement des investissments d'ERDF, par le biais des gains d'efficacité). Sur ce point, selon le ministre, la prise en compte des besoins des consommateurs a été particulièrement renforcée, suite aux échanges avec des associations de consommateurs. En outre, Monsieur Besson se félicite: "Avec 35 millions de compteurs à déployer, le projet « Linky » est le plus ambitieux plan de déploiement de compteurs « communicants » dans le monde."

En effet, Linky fait face à la concurrence de Voltalis, une jeune entreprise française qui propose un outil d'intelligence électrique nommé BluePod. Ce projet, lui aussi, a conclu sa phase initiale. Aujourd'hui, Voltalis propose partout en France des installations gratuites de boîtiers sur les compteurs et un suivi gratuit des consommations en temps réel sur Internet. En effet, à la différence de Linky, le BluePod ne remplace pas l'ancien compteur, et l'option explicitement gratuite du suivi sur Internet a fait partie du BluePod dès sa première distribution.

Pour Voltalis, cette démarche gratuite ne peut pas se financer par des gains d'efficacité automatiques sur lesquels ERDF peut s'appuyer, tels que la réduction automatique des déplacements de techniciens pour les relevés de compteurs. Quel est donc la démarche qui rend l'offre de Voltalis rentable? Il s'agit de l'effacement diffus : le BluePod opère de temps en temps des micro-coupures sur les appareils particulièrement énergievores (comme les ballons d'eau chaude et les chauffages). Selon Voltalis, cela ne gêne pas le confort du consommateur, tout en réduisant sa consommation totale d'électricité. Ainsi, aux heures de pointe de la consommation d'électricité, Voltalis peut vendre de l'électricité au Réseau de Transport d'Electricité (RTE). Plus précisément, Voltalis vend à RTE de l'électricité non consommée; autrement dit : de la capacité de consommation. Effectivement, RTE sera alors amené à acheter cette forme d'électricité supplémentaire peu onéreuse afin de rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande.
La question de la rémunération de cette vente d'électricité non consommée a fait des débats, y compris devant la justice. En 2009, la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) avait décidé que Voltalis devait rembourser EDF pour l'électricité non consommée et redistribuée. En 2011 pourtant, le Conseil d'Etat a annulé cette décision. Reste donc juste à discuter si la solution la plus "saine" est de charger les distributeurs historiques d'opérer des effacements diffus ou de conférer cette tâche aux entreprises nouvelles, externes à la production (cf. ce débat entre le PDG de Voltalis et un autre ingénieur des mines).
En tout état de cause, et sans parti pris : si l'effacement diffus est opéré de manière intelligente et commode pour les consommateurs et pour les distributeurs et les producteurs d'électricité, cela pourrait signifier des gains importants pour toute la société et pour l'environnement.

Saturday, September 17, 2011

Homecoming of Europe's TSOs

Homecoming is celebrated in the US during that special season between september and october, between summer's abundance and autumn's challenges. That time of the year is also referred to by a long line of ancient rituals celebrated in Europe (even though their appearances may have changed throughout the years, as for example the German Oktoberfest or the American Thanksgiving holiday).

How do European Transport System Operators (TSOs) prepare for their "homecoming", especially in terms of issues concerning the European Union and Sustainable Development?
A small, non-exhaustive presentation of selected items.

By JJB

France
The French Réseau de Transport d'Electricité (RTE) surprises its web page users with many rather untypical features. For instance: on top of technical information about electricity transport, you can also download an iPhone application in order to keep track of the consumption and the prodution of electricity in France, as well as CO2 emissions. There is also a game where you can find out about the "electric mysteries of Europe" and the European Union - with a bit of luck, you might even win a trip to Brussels! Last but not least: a new site about electromagnetic fields has been launched ("La clef des champs"). Aiming to promote public information, this site also features a quiz and a game focused on electromagnetic fields in everyday life.

Germany
As the German Energy Blog put it: "Germany is still trying to put a price tag on the recent withdrawal from nuclear energy", whereas the big four German TSOs recently published information according to which the mandatory selling of renewable energies has received insufficient financial compensation lately. This financial reallocation had been created in order to compensate the TSOs, as they are obliged to sell expensive renewable electricity at low market prices. If the money provided should turn out to be insufficient, the effort may be increased by higher charges per kWh - even though the Federal Ministry for the Environment had previously indicated that charges per kWh might decrease in 2012, as the newspaper FAZ commented.

Italy
On Thursday, Italian TSO Terna communicated about its expectations concerning the so-called "Robin Hood Tax". As part of the Italian austerity plan, this measure represents an increase of the profit tax from 6,5% to 10,5%. Terna expects that this tax increase will cost the company 80 million euros. It is interesting to note, though, that the notion of "Robin Hood Tax" initially meant taxing purely financial transactions, and not increasing the general level of the profit tax...

Spain
The Spanish TSO Red Eléctrica de España (REE) is also facing issues related to the recent turmoils of the Eurozone. Therefore, REE was pleased to announce this Friday that Standard&Poor's maintained its positive REE-rating, with a possibility for even better ratings over the long term. According to a press release, this might also imply that REE's rating will remain stable regardless of the country's overall rating. The company explained that Standard&Poor's assessment found that REE's investment profile had been considerably improved.

Sunday, August 28, 2011

Qui paie pour l’efficacité énergétique européenne?

Par JJB



A en croire la Commission européenne, la directive qu’elle propose pour dynamiser l’efficacité énergétique en Europe permettra la création de près de 280.000 emplois, et des économies à hauteur de 50 milliards d’euros par an. En effet, l’augmentation de 20% de l’efficacité énergétique était le seul objectif non-contraignant des trois orientations énergétiques fixées par la Commission à l’horion de 2020. Avec la nouvelle directive, l’efficacité énergétique deviendrait contraignante, tout comme les 20% d’énergies renouvelables et les 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Pour défendre cette proposition, la Commission renvoie non seulement aux créations d’emplois et aux économies environnementales et financières, mais aussi à l’insuffisance des mesures entreprises jusqu’à présent par les Etats-membres. 

Cependant, avant de profiter des bienfaits de l’efficacité énergétique, il faut y investir. Et justement, les opinions sont divisées en ce qui concerne les contraintes qu’il convient d’imposer aux règles du marché. Ainsi, le « Green Deal », actuellement étudié par le législateur au Royaume-Uni, prône un investissement facilité dans l’efficacité énergétique des bâtiments, grâce à un crédit à taux préférentiel, qui serait ensuite facile à rembourser par le donneur d’ordre (notamment des particuliers) par les économies d’énergie réalisées. Particuliers, professionnels du bâtiment, environnement, emploi – tout le monde se trouverait ainsi dans une situation de gagnant-gagnant. 
Contrairement aux partisans de ce genre de modèle, qui favorise les engagements optionnels, d’autres préfèrent des modèles plus contraignants, par exemple en ce qui concerne la cogénération. Néanmoins, l’association Eurelectric met en avant qu’il serait contreproductif de rendre obligatoires certaines technologies de production d’énergie. Selon ce lobby, une telle intervention augmenterait les obstacles financiers et administratifs qui empêchent d’ores et déjà l’investissement énergétique.

Après les controverses sur les conséquences financières de l’efficacité énergétique sur le marché de quotas de CO2, ainsi que sur la participation du secteur privé au Fonds européen pour la promotion de l’efficacité énergétique, les enjeux pécuniaires de l’efficacité énergétique continueront donc à faire débat…

Tuesday, August 16, 2011

Merci vielmals!

Déjà 800 visiteurs au cours des 8 premiers mois du blog, et les abonnements sur Twitter s'approchent des 200! EUplanet vous remercie de votre confiance et passe en revue les images de ses partenariats et citations...

Already 800 visitors during the first 8 months of this blog, and the number of followers on Twitter is close to 200! EUplanet would like to thank you for your confidence and revisits the images of its partnerships and quotations...

Bereits 800 Besucher in der ersten 8 Monaten dieses Blogs, und die Zahl der Twitter Follower nähert sich den 200! EUplanet dankt allen Lesern für ihr Vertrauen und läßt die Bilder seiner Partnerschaften und Zitate Revue passieren...

EUplanet two times on Urban Wire's Eco-News

EUplanet on ISO26000 journal
EUplanet on Twitter

EUplanet quoted on Twitter

EUplanet on Théâtre Transparent
EUplanet on Halbzeitvegetarier

EUplanet on Europe Direct Leeds
EUplanet's origins: Board management and writing for "Barbarie", the journal of the Sorbonne's Master in European Affairs, from April 2010 to April 2011 


Tuesday, August 2, 2011

Biofuel : European Commission in the battle between "Renewable" and "Sustainable"

By JJB


Source



"Renewable" and "Sustainable" do not always go together. Even though biofuels are universally defined as renewable energy sources, they might, in some cases, turn out to be quite unsustainable. Crises of food prices are one example where biofuels have been accused by some NGOs of causing economic and humanitarian disasters. Others rather blamed several years' bad weather conditions for the 2007 food crisis (s. Vernier p. 88). But the general question of social acceptability of biofuels is not solved yet. The controversy goes on as biofuel production has recently been said to cause a humanitarian disaster to the native people of the Ethiopian Omo-valley, which is why the European Investment Bank and the World Bank withdrew their financial support.

But apart from the controversial issue of social damage, environmental damage might occur, too. The designation of biofuels can be misleading: it doesn't mean these fuels are necessarily perfectly eco-friendly. It only means that they were generated by agricultural (and therefore biological) production. Therefore, biofuels are renewable. But just as any other kind of agriculture, biofuel production might imply greenhouse gas emissions, decrease of biodiversity and intensive use of pollutants.
In this case, biofuels are not really environmentally sustainable, even though they are renewable.
It is true, though, that biofuel-plants capture CO2 during their growth before releasing it later, when being consumed as fuel. This is an advantage compared to crude oil, which cannot be reproduced as quickly as it is spent. This way, biofuel production recycles a certain part of its emissions, which cannot be done by fossil fuel production. Yet, this positive effect might not be sufficient to assure carbon neutrality for the entirety of biofuel processing and transport. And it doesn't solve the problem of biodiversity being threatened by biofuels, either.
Source: Jacques Vernier : Les énergies renouvelables. Cinquième édition mise à jour. Que sais-je? 18e mille. Presses universitaires de France, Paris, 2009. Page 88-90.


Therefore, apart from the alleged (but still controversial) social and economic damage caused by biofuels, negative impacts on nature could be expected, too, if there were no guidelines as to how biofuel production should take care of the environment. 

This kind of guideline is what the EU Commission wants to provide. According to Günther Oettinger, Commissioner for energy, the EU has "set the highest sustainability standards in the world" for biofuels. In deed, several Sustainability Schemes for biofuels have recently been recognised by the EU Commission. This step is considered as a very important contribution to set EU-wide standards for the definition of truly sustainable biofuels. The Sustainability Schemes were chosen by the European Commission out of numerous propositions, which had been submitted by private companies and institutions responding to an initiative of the Commission. These schemes can be used for certifying the sustainability of any biofuel producer on the European market (including imports). In order to obtain such a certification, an independent audit has to confirm the product chain's compliance with the Sustainability Scheme. Given that the entire product chain will be assessed, the audit will also examine whether natural areas of rich biodiversity (especially forests) have previously been destroyed for the sake of biofuel production. Another important aspect of the audit are greenhouse gas savings: biofuel production will have to emit 35% (50% in 2017 and 60% from 2018 on) less greenhouse gases than petrol production in order to meet the criteria of European sustainability certification. In fact, this is a direct consequence of the 2009 Renewable Energy Directive. The soil's capacity to absorb and stock greenhouse gases will also be evaluated (again, soils of high biodiversity such as forests might be protected this way). This might encourage the further development of highly soil-efficient biofuels. So-called second generation biofuels use for example wooden plants or different parts of plants, or they process plants like the Jatropha, which grows on soils of marginal arable quality (therefore not interfering with food production or biodiversity).

Overall, the European Union is moving closer towards a shared vision of what should define truly sustainable biofuels. However, national systems and standards will continue to exist and might offer an alternative to European recognition, even though their scope is evidently limited to member states.




Jatropha plants (Paraguay)

European Union : Lack of transparency?

While the European Union is oftentimes criticised for its supposed lack of transparency, many institutions like the DG ENER put their cards on the table... or at least some of them. For example this overview of the DG's legislative decisions and the factsheets and country files about energy consumption and production of each member state compared to the EU. Of course, complete transparency for the average citizen is still a long way ahead. Yet, these are quite interesting starting points for anyone who, unlike the average citizen, wants to do some research on EU energy issues.

Thursday, July 21, 2011

Transport d'électricité (3) : Une rentrée chargée d'énergie pour les acteurs de l'Europe et des Etats membres

Par JJB

Après l'entrée en vigueur du troisième paquet législatif européen sur l'énergie en mars 2011, ce sera le réseau de transport d'énergie en Europe qui sera un des prochains thèmes majeurs de la rentrée pour la DG Énergie et les acteurs de l'énergie. En effet, le Parlement européen a adopté une position, en début du mois de juillet, en ce qui concerne les idées de la Commission européenne pour le réseau de transport énergétique à l'horizon de 2020 et au-delà. Maintenant, ce sera à la Commission de faire des propositions décisionnelles plus concrètes.

Le document, voté en plénière le 5 juillet 2011, a été élaboré par la commission parlementaire ITRE (Industrie, recherche et énergie), par l'espagnol Francisco Wagner Sosa (non inscrit). Les points essentiels sont:
  • la planification stratégique des infrastructures énergétiques eu niveau européen, tenant également compte de l'environnement et des pays tiers.
  • un scénario complet de développement des infrastructures, à travers le plan décennal de développement du réseau (TYNDP), comprenant également les besoins spécifiques des ilôts énergétiques (zones difficiles d'accès ou de faible densité de population). Ceux-ci seraient susceptibles d'être négligés si l'on ne regardait que le profit économique du gestionnaire de réseau. De même, il faudrait veiller à ce que la sécurité d'approvisionnement et d'éventuelles innovations (énergies renouvelables; nouvelles utilisations de l'électricité, par exemple la voiture électrique; etc...) soient intégrées dans cette planification.
  • des réseaux intelligents, qu'il faut encourager, en veillant également sur leur harmonisation mutuelle et sur leur interopérabilité, ainsi que sur le déploiement des compteurs intélligents.
  • Une définition claire des projets prioritaires à financer, selon des critères bien précis.
  • Une procédure rapide et transparent d'octroi d'autorisations pour ces projets, à travers des guichets uniques nationaux, afin de dynamiser les projets d'intérêt européen du secteur.
  • Des instruments de financements provenant essentiellement des mécanismes du marché, mais d'autres sources de financements, notamment les emprunts obligataires garantis par l'Union européenne, gages de sécurité qui pourront attirer des investisseurs supplémentaires.

Les questions de la coopération européenne en matière de transport d'électricité seront donc un sujet important sur l'agenda énergétique européen. Mais les institutions à Bruxelles et Strasbourg ne seront évidemment pas les seules à s'y intéresser. Dans les autres articles de cette série, on a déjà parlé de certains autres acteurs européens. Mais aussi au niveau des différents Etats membres, les préparations de l'avenir de l'infrastructure européenne de l'électricité ont déjà commencé.
Ainsi, Dominique Maillard, président du directoire de RTE (Réseau de Transport d'Electricité), a indiqué à Les Echos (22./23. juillet 2011) que la dimension européenne est très importante pour le réseau français. La sortie du nucléaire en Allemagne, explique-t-il, provoquera d'importantes conséquences pour le réseau en France : 
"Si on schématise, l'électricité produite en Belgique et vendue en Italie peut passer par l'Allemagne, la France, la Suisse, voire l'Autriche et la République tchèque. A présent le réseau allemand risque d'être engorgé, car il devra déjà transporter du courant depuis les éoliennes du nord vers le sud du pays, où sont les centres de la consommation. Une partie plus importante devra donc transiter par la France."
 Par conséquent, il faudra, selon Monsieur Maillard, "faire en sorte que le réseau européen respire", d'autant plus que la part des renouvelables ne cessera de croître - tout comme les fluctuations auxquelles la production d'énergies renouvelables est soumise. Pour cette respiration du réseau, Dominique Maillard estime qu'il faudra, dans un avenir proche, augmenter les capacités d'interconnexions de 14.000 MW actuels à 28.000 MW. Un vrai défi, car sur les vingt dernières années, seulement 5.000 MW d'interconnexions ont été créés. 

À part les acteurs européens, les défis à relever sont donc également très importants pour les acteurs nationaux.