Dieser Blog präsentiert eine Auswahl verschiedener Texte von mir. Die Herangehensweise ist multilingual und interdisziplinär. Die Themen sind international und betreffen vor allem Nachhaltigkeit, Wirtschaft, Politik und soziale Aspekte.
Viel Vergnügen! - JJB -

Ce blog rassemble une séléction de mes textes. L'approche est plurilingue et interdisciplinaire. Les sujets sont internationaux et concernent notamment la durabilité, l'économie, la politique et certains aspects sociaux. Bonne lecture! - JJB -

Sunday, May 29, 2011

Transport d'électricité (1) : L'énergie européenne selon Georg Zachmann

Par JJB

Ce résumé de propositions ne reflète pas forcément l'opinion de JJB; son objectif est uniquement de résumer et de diffuser les idées élaborées par M. Zachmann afin d'animer le débat européen. Evidemment, tout commentaire et discussion seront les bienvenus.

« Power to the people of Europe » - voici le titre d’un essai daté de juin 2010, dans lequel Georg Zachmann analyse la situation du marché de l’électricité en Europe. On l’aura compris : pour M. Zachmann, le marché unique de l’électricité est une revendication politique qui est liée à des enjeux considérables. Convaincu que l’intégration européenne électrique serait susceptible de réduire les coûts et d’augmenter la compétitivité, M. Zachmann compte pourtant rester réaliste. Selon lui, les calculs de la Commission européenne en 2007 qui prévoyaient une hausse du PIB européen entre 0,5 et 0,6 suite à une meilleure intégration du marché de l'électricité étaient trop optimistes. Toutefois, il est confiant que d’importantes économies pourraient être réalisées : rien qu’en intégrant au mieux les quatre marchés intra-allemands, le coût annuel de l’électricité allemande pourrait se réduire à hauteur de 205 millions d’euros, à un total de 400 millions d’euros.
Comment faire ? Certes, les instances politiques jouent un rôle important. Ainsi, il n’oublie pas de souligner la naissance des nouvelles instances électriques européennes : l'ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity) et l'ACER (Agency for Cooperation of Energy Regulators). Les décisions prises par l’Union européenne dans ce domaine auront des conséquences non-négligeables.
Mais plutôt que les instances politiques, c'est la gestion des réseaux électriques qui occupe la place centrale dans l’analyse de M. Zachmann de la future intégration de l’électricité en Europe. Car ils sont au cœur des enjeux qu'il considère comme primordiaux, à savoir l'augmentation des capacités de transmission et l'amélioration de l'exploitation des capacités et centrales déjà existantes. La meilleure intégration des énergies renouvelables passe également par la gestion des réseaux.


En effet, s’il y avait une quantité illimitée de lignes de transmission, l’arbitrage du prix devrait mener à un marché unifié et à un prix unique de l’électricité en Europe. Or, le nombre de lignes de transmission étant limité, il faut payer cher le droit de passage, ce qui permet de maintenir de différents niveaux de prix selon les pays. Cette rareté et les pertes occasionnées par le transport à longue distance ne sont pas les seules raisons des différences de prix entre les pays. En effet, Georg Zachmann rappelle que, face à ce même phénomène, la plupart des Etats-membres pratiquent quand même un seul prix unique national (sauf quelques exceptions, comme l’Italie). 
Ce n’est pas une nuance anodine : les producteurs d’énergie reçoivent toujours le même prix de vente, que ce soit en milieu rural peu peuplé, ou dans une zone à forte activité industrielle. Par conséquent, les opérateurs des systèmes doivent contrebalancer les divergences qui peuvent se produire ainsi. Résultat : il se peut qu’une centrale rurale peu chère soit demandée de réduire sa production, et qu’une centrale en milieu industriel, ayant une production plus coûteuse, soit incitée à produire davantage. C’est pourquoi M. Zachmann se prononce en faveur de solutions de marché qui peuvent même générer de différents prix selon les régions. Cela éviterait également des inefficacités des mesures telles que des subventions pour les centrales en zone à faible activité qui, par manque de demande, doivent restreindre leur production; pour Georg Zachmann, cela mène à des effets pervers, à savoir une incitation accrue pour les producteurs d'électricité chère de s’installer en milieu rural à faible demande.
De plus, il argumente que, dans les réseaux électriques internationaux, les mouvements d’électrons suit des règles physiques complexes qui ne respectent pas les frontières de zones de prix. Les opérateurs des systèmes nationaux doivent donc artificiellement restreindre la capacité de transmission internationale d’électricité, pour assurer la pérennité de leur système de prix. Ainsi, quand la Commission européenne a ouvert en 2009 une enquête contre la suédoise Svenska Kraftnät (SvK) pour limitation artificielle de la capacité d’exportation/importation d’électricité, SvK avait défendu que cela correspondait à un besoin physique de leur système.
En conséquence, pour M. Zachmann, il est rare que le potentiel des lignes de transmission transfrontalières soit pleinement utilisé ; et aussi, il arrive souvent que l’électricité se déplace d’une région à coût élevé vers une région à bas coût. Cela est vrai pour les interconnexions transfrontalières, mais aussi pour les transports. A titre d’exemple, M. Zachmann cite des éoliennes au nord de l’Allemagne, dont l’électricité produite traverse une partie de la Pologne pour atteindre le sud de l’Allemagne, alors que le prix de l’électricité est beaucoup moins important en Pologne.
Pour M. Zachmann, les deux paquets législatifs européens de 1998 et 2003 n'ont eu qu'un faible impact sur l'intégration réelle de l'électricité en Europe. En prenant l'exemple de l'Allemagne et ses interconnexions directes avec 10 autres zones d'électricité, il constate qu'il n'y a pas eu de convergence des prix, que les différences de prix ne sont pas en relation avec les mouvements réels de l'électricité et qu'il n'y a pas eu de développement des interconnexions physiques.


Pour la nouvelle politique européenne de l'électricité, en train de se mettre en place, Georg Zachmann suggère deux innovations. 
D'abord, la planification du développement des réseaux au niveau européen. Ainsi, il compte dépasser le stade actuel qui requiert l'unanimité, et permettre à l'ENTSO-E de produire des planifications juridiquement contraignantes, ainsi que partager les coûts et les bénéfices d'un investissement accru dans le réseau électrique en Europe. Pour M. Zachmann, c'est une alternative efficace à certains projets électriques européens encouragés par des subventions de plusieurs milliards d'euros, mais qui seraient sélectionnés selon des critères plutôt politiques que techniques. 
Ensuite, un système européen de prix par nœud. Au lieu d'imposer un prix unique à toute l'Europe, ou de réorganiser le marché artificiellement en mille zones minuscules à administrer, chaque point d'entrée et de sortie du réseau deviendrait sa propre zone de prix. M. Zachmann souligne que cela permet d'éviter le faussement du marché par la voie administrative, pour donner ainsi des incitations correspondant à la réalité du marché. Plusieurs expériences auraient été menées avec succès en Australie, Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis. 
Pour la mise en place de ses idées en Europe, M. Zachmann recommande un macro-système européen donnant des orientations globales et des micro-systèmes locaux ou régionaux d'opérateurs qui mettent en place les décisions européennes et qui seraient incités à collaborer davantage (y compris par des fusions-acquisitions internationales).

En 2009 déjà, Georg Zachmann avait publié son Mémo à l'attention du nouveau commissaire européen chargé de l'énergie, qui allait être désigné en 2010. En revanche, M. Zachmann estime que l'importance accordée à la sécurité de l'approvisionnement en combustibles fossiles était surévaluée par le commission Barroso I et le commissaire à l'énergie, le letton Andris Piebalgs. Pour M. Zachmann, il ne faut pas se fier aux narratives alarmantes d'un possible chantage par les voisins à l'est de l'UE. Pour lui, ceux-ci ne sont ni les seuls à nous fournir, ni des partenaires incontrolables par les règles du commerce et et par l'intérêt important que représente le marché européen. Il ne faut donc pas utiliser le capital politique de l'UE pour ce sujet-là, mais plutôt pour faire avancer les négociations internationales post-Copenhagen. De même M. Zachmann suggère qu'il faudrait résister à la tentation de controler le processus d'élaboration du prix de l'énergie (par impôts, par certains achats de stocks ou même par un changement de la monnaie de paiement du pétrol). A la place de cela, il recommande une obligation élargie pour les grands producteurs et consommateurs d'énergie en Europe d'utiliser systématiquement la meilleure technologie disponible, en termes d'efficacité énergétique, afin de promouvoir l'innovation et de la financer à moyen terme par des gains d'efficacité.
Dans ce deuxième texte, en cohérence avec son texte de 2010, M. Zachmann recommande donc de faire avancer le marché unique européen de l'électricité et le développement de l'infrastructure, ainsi qu'une politique climatique européenne cohérente. En effet, il rappelle aussi que cette dernière sera très difficile à réaliser sans une structure plus homogène du secteur du transport d'électricité en Europe.

Monday, May 16, 2011

L'énergie intérieure de la géothermie

Par JJB

Ils appellent à la bonne conscience des dirigeants du monde: "[We] call upon governments around the world to expand their efforts to utilize geothermal resources as an important part of the answer to global environmental, climate change, and energy security problems." On aura bien compris, ce ne sont pas des altermondialistes aux idées reçues, mais des professionnels qui ont lancé cet appel. En effet, il s'agit d'un appel signé le 4 mai 2011 par des représentants de la géothermie venus de 4 continents, dont aussi le lobby européen EGEC (European Geothermal Energy Council).


Effectivement, la géothermie semble monter en puissance en Europe. Les chiffres, établis en 2009, de la EHPA (European Heat Pump association) en témoignent, même s'il y a encore des disparités entre certains pays et les années (le prix mondial de l'énergie étant volatil, lui aussi):





De plus, l'Allemagne reflechit actuellement, dans le cadre de ses ambitions "post-Fukushima" en faveur des énergies renouvelables, s'il ne faudrait pas augmenter le prix de vente de l'énergie géothermique - une idée qui a été saluée par l'association allemande WFG (Wirtschaftsforum Geothermie; Forum économique de la géothermie) comme un bon signal d'encouragement à la géothermie. 


En France, les projets sont tout aussi abondants. L'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) compte augmenter le nombre de logements équipés de géothermie en Île-de-France de 150.000 aujourd'hui à 180.000 en 2013 et à 500.000 à l'horizon de 2020. Une étude est lancée concernant l'accès à l'énergie géothermique pour le quartier d'affaires de La Défense et ses alentours. Et le projet d'alimentation des besoins énergétiques l'aéroport d'Orly en partie par des approvisionnements géothermique est en route depuis octobre 2010. Selon Franck Goldnadel, directeur de cet aéroport, cela économisera l'émission d'environ 9000 tonnes de CO2 par an. 


Plus généralement, la France souhaite encourager fortement la géothermie, selon un communiqué également publié en octobre 2010. Cela ne contribuerait non seulement à réduire le bilan de gaz à effet de serre de la France d'ici 2020, mais aussi à créer des emplois : 80.000 emplois directs en 2020, contre environ 13.700 aujourd'hui.


Mais la géothermie peut aussi revêtir des intérêts ... géopolitiques! Ce qui ne semble être qu'un jeu de mots peut pourtant avoir des résultats réels. Par exemple, la BEI (Banque européenne d'investissement) a accordé fin 2009 un investissement de 170 millions d'euros au projet d'une centrale d'électricité géothermique en Islande. Le communiqué de presse met en avant l'importance de cette énergie pour le climat et pour l'innovation énergétique dans le monde, y compris bien sûr dans les pays de l'AELE (Association européenne de libre échange). Mais l'objectif de soutenir les fonderies d'aluminium en Islande, dépendantes de l'énergie peu coûteuse, vise certainement aussi le souhait de contribuer à la stabilité économique de ce pays qui n'est pas seulement un pays de l'AELE, mais avant tout ce pays qui, quatre mois auparavant, avait posé sa candidature pour une adhésion à l'UE. Un souhait tout à fait compréhensible - ce qui montre d'ailleurs un article du journal suisse Tagesanzeiger, dans lequel le journaliste ne cherche guère à cacher son admiration personnelle pour Björk. Selon le journal, la célèbre chanteuse islandaise a, telle une magique fée punk, brusqué le gouvernement islandais en attaquant le projet gouvernemental prévoyant la vente d'une centrale d'électricité géothermique à un groupe canadien. Cette vente risquerait, selon l'argumentation défendue, de compromettre la rentabilité de certaines industries (comme l'aluminium) et, en conséquence, l'indépendance économique même de l'Islande.
Sans vouloir trancher cette question, nous pouvons tout de même constater que la géothermie et la géopolitique peuvent très bien s'entremêler. Rien d'étonnant d'ailleurs, car ce sont des sujets qui touchent le fond de la terre sous nous pieds.

Sunday, May 8, 2011

Energy for the UK (3) : The big sell-out?

By JJB

The UK's energy market is dominated by the "six big" companies:


... but in fact, four of these six are no longer in British ownership. These are their owner's origins, listed according to their market position:


         1.  EDF Energy  
              (owned by French EDF; former „British Energy“)
         2.  E.ON UK
              (owned by German E.ON; former „Powergen“)
         3.  Npower
              (owned by German RWE)
         4.  British Gas  
              (owned by British Centrica)
         5.  Scottish Power
              (owned by Spanish Iberdrola)
         6.  Scottish and Southern Energy - SSE
             Therefore, the situation has changed profoundly since the following chart was published in 2008 by the BBC: Since then, International Power has merged with GDF-Suez, British Energy with EDF, RWE has improved its position...
   
           So, the famous British "energy independence" might just be a myth, and reality might be slightly more complexe. Yet, Britain is also present in other energy markets around the globe, as this chart from the Centrica homepage shows:


We might also have a look on the oil sector, rather than electricity. BP is a strong British company on the international scene (even though rumour has it that Dutch company Shell might want to take over its British competitor):

In addition, we should not forget that not every foreign investment equals a "sell-out", as seen in the first part of this small "Energy for the UK"-series : a Russian investment in the Hatfield colliery and clean-coal technology could have created many jobs for the local population...

Monday, April 25, 2011

Energy for the UK (2) : Price to pay

Energy prices may be perceived in different ways according to their presentation.

For instance, this chart suggests a quiet decent price level for the UK, situated more or less in the middle:


http://www.energy-uk.org.uk/files/energy_Guide2.pdf

But while this chart has been created by Energy UK, a "communications unit for the leading gas and electricity companies", the national statistics for the UK are different. In fact, the British Department of Energy and Climate Change declares that electricity prices are rather high in the UK:


http://www.decc.gov.uk/assets/decc/statistics/publications/prices/1_20100326104918_e_@@_qepmar10.pdf

Monday, April 11, 2011

Will the EU resolve the UK’s patent-problems?

By JJB

The UK – tired of patents ?

Is the United Kingdom running out of innovative ideas? Over the last years, the number of patent applications within the UK has continuously declined. In fact, since 2007, the United Kingdom has lost 3% or more per year of its patent applications! This is even more astonishing when taking into account that the general trend of the worldwide economy points to a steady rise in the number of applications – in Japan, their number is 20 times higher than it was 30 years ago; in Europe, the numbers have even grown 25 times higher. When it comes to green technology, for example, South Korea holds three times more patents than the UK!
While the UK tends to lag behind other big global players of intellectual property, it seems as if this problem has even deteriorated because of the downturn that the British economy is facing. Several British companies claim that obtaining protection for their intellectual property is an investment that they no longer can afford. Yet, this supposed opportunity of cutting costs is likely to backfire at a hefty price. After all, the investment of several thousand Pounds for filing patent protection can be worth several million Pounds in return. This theoretically very high long-term profitability, though, is exposed to the several time-limits affecting patent protection.

                                                                Source: Economist 2009

                                                                                            
The time-limit of patent protection 
In theory, this very high long-term profitability can be achieved by controlling every commercial use that is being made of the patented invention, in every country covered by the patent’s protection. In return for this legal protection for commercialisation, companies have to grant open public access to technical information on how the invention works. This principle is supposed to enhance innovation and the accessibility of information, while granting legal protection for pioneers. Without this protection, companies would be much less inclined to invest in research and innovation. But as patent protection implies sharing of information, it also bears the possibility of being outrun by a more innovative competitor.
A patent’s commercial monopole on an invention can last up to a maximum of 20 years. After this period, everybody can make unlimited use of the from then on unprotected invention. But continuously renewing patent protection throughout this entire period grows more and more expensive the longer the patent exists. Therefore, there is a time-limit to patents, pushing companies to obtain an important financial turnover from their patent in only some years. In result, many patents are only exploited for a couple of years, and only the most profitable ones will be maintained throughout the maximum length of twenty years.


The long and winding road to patent protection
The process of obtaining a patent is known to be expensive and full of administrative obstacles. It is also quite time-consuming, taking up to several years, which includes several phases during which the inventor is particularly unprotected against competitors who might pick up the invention for their own purposes. In order to address this problem, the UK and several other states have introduced fast-track schemes in order to enhance the patent-granting process. Yet, a cheaper and faster administration of patent protection is to be handled with care. A sound protection of existing patents needs a thorough examination in the first place. This is also crucial as it increases the legitimacy of increased financial penalties for infringing patents – which are necessary if victims are to be fully reimbursed for their legal costs (which is especially important for inventors with low financial resources). All these vital functions could be jeopardized by the attempt to resolve the UK’s patent problems by solely forcing the patent administration to consume less and less time and money. In order for the administration to work at a certain standard, they need time and money. Yet, if applicants are the only ones to finance the administration’s quality, via increased application fees, SMEs will be even more discouraged from seeking patent protection.


Ineffective protection
Intellectual property rights’ infringements induce severe economic damage. The mere impact of counterfeits on the UK’s industry is considered to amount to £11bn a year. Thus, administrative burdens and time-limits cannot be the only explanation for the UK’s companies’ lack of dynamic commitment concerning patent protection. As a matter of fact, patent offices and courts worldwide are struggling to cope with international intellectual property lawsuits. But different national standards, definitions and languages make for lawsuits consuming large amounts of time and both financial and human resources. In consequence, a large majority of companies, namely SMEs, gave up pursuing international lawsuits that they know to be unaffordable.
A solution to this problem might consist in turning the status of copy right violations from civil offense into criminal offense. Some argue that this might reduce the financial hurdle that keeps SMEs from defending their intellectual property in court. It could also help to make society and companies realise the extent to which the theft of intellectual property is damaging the economy’s most vital fuel: innovation. Compared to the automatic authorship protection applied to artistic products, such as texts, music and films, the protection of technical inventions seems disproportionally low.
Nevertheless, if stealing intellectual property became a criminal offence, victims could no longer claim compensation payments; and the culprit’s guilt would have to be established beyond any reasonable doubt, whereas civil offences allow sanctions based on mere probability. Thus, it would become even harder for the judge to decide whether, in one particular case, a specific, valid patent has been infringed or not. In sharp contrast to most artistic creation, this question remains quite difficult to answer in most cases of technical intellectual property.


The EU as a wide-scale solution?
Given the complexity of practical problems hindering the patent system from producing satisfactory results, how can this system be improved? On a small scale, a company might find some pragmatic and affordable solutions, as for example making every person involved in a project sign a non-disclosure agreement, in order to protect the invention from competitors at the pre-patent stage.
Yet, this does not solve all the problems on the large scale. An important structural improvement would be a common EU patent system. The current, rather inefficient EU-system does not prevent companies from having to apply separately for their patent’s validation in every country they want to operate in. This procedure of validation accounts for 40% of European patenting costs. A common European system, providing protection in all Europe by just one patent, would enhance efficiency within the single European market, while promoting unified legal standards and jurisdiction on intellectual property within the EU. Companies whose patents are infringed in another European country would no longer have to refrain from lawsuits because of their cost. This might even increase investment in technical research (in this perspective, patents even play a decisive role in the fight against climate change, by improving the profitability of research on innovative technologies). It would also reduce costs for pan-European patents (a patent covering Europe’s most important economies costs between four and ten times as much as a patent covering the entirety of the United States of America). But if a pan-European patent were to reduce fees for translation and national administration, this would also mean that member states would have to accept seemingly “foreign” patents as legally binding for their territory. That is why Italy and Spain have obstructed recent initiatives in favour of a single European patent: they claimed that their national companies would be disadvantaged if the European Patent Office’s (EPO) official languages would continue to be reduced to English, French and German. As Spain’s proposal of accepting exclusively English was dismissed, and as improved financial aid for the translation of Spanish and Italian applications apparently fail to convince any of these two states, other sources suspect “less innovative” countries to veto the idea of a common EU patent system because their economies rely on copying their neighbour’s intellectual property. Whether we consider this allegation reasonable or not, the language barrier reveals that protection of copy right remains deeply connected to national sovereignty. Due to this reason, many presidencies of the EU council have failed to bring about the changes for EU-patents they had promised – some of them, though, made decisive steps forward, such as the Swedish presidency in 2009. During the current Belgian presidency, some member states have started discussions about the idea of invoking an “advanced co-operation” mechanism. This would allow a group of at least 9 member states to engage in intensified integration on common patents, which would also require the approval of a weighted majority of EU-members.
Yet, while the future might seem promising for a common EU patent system, an anonymous source from the EU’s European Court of Justice that was recently cited in the media considers that establishing a single European patent system would be incompatible with the EU treaties. A story to be continued…

Sources
Recession hits patent filings THE FINANCIAL TIMES - By Jonathan Moules Published: February 26 2010

Call to raise cost of patent filing THE FINANCIAL TIMES - By Jonathan Moules - October 9 2009

Intellectual property: Protecting ideas is crucial for eco-technology to succeed THE FINANCIAL TIMES - By Sujata Das - Published: June 3 2010

Theft of intellectual property ‘should be a crime’ THE FINANCIAL TIMES - By Hugo Greenhalgh
Published: September 24 2010

Europe's unwieldy patent regime THE ECONOMIST – Jul 23rd 2009

Plea for shake-up of patents in Europe The Financial Times - By Nikki Tait in Brussels Published: May 14 2009

The European Commission - MEMO/10/291 - Brussels, 1 July 2010

www.europeanvoice.com
Language row is likely to prevent EU-wide patent - By Simon Taylor - 07.10.2010

http://www.euractiv.com/en/euro/eu-patent-make-or-break-belgian-presidency-news-495567
EU patent to make or break Belgian Presidency

http://www.pcworld.com/businesscenter/article/204091/creation_of_common_eu_patent_system_faces_legal_setback.html
Creation of Common EU Patent System Faces Legal Setback - By Jennifer Baker, IDG News - August 25, 2010

Political push for single EU-wide patent THE FINANCIAL TIMES - By Nikki Tait in Brussels - September 28 2010

Saturday, April 2, 2011

Energy for the UK (1) - Russia calling

I'd like to invite you to explore with me some interesting facts about the energy market in the UK. In the first part of this adventure, I'd like to show you a video about Russian investors reopening British coal production sites:

http://www.youtube.com/watch?v=Zvp5Za8TYcE

Yet, as this video dates back to 2008 and as investors are hard to find, the project has been more or less abandoned in 2010. Some might be relieved that the Russians are no longer "threatening" to buy up all the UK, as one youtube user commented, but the local puplation sure would have prefered benefiting from the employment generated by this investment.

Sunday, March 27, 2011

REACH for something better - Une introduction

Article publié dans la Revue européenne étudiante "Barbarie", en novembre 2011 : Lien

La bureaucratie fait partie des défauts que l’on reproche fréquemment à l’Union européenne. Toutefois, quand il s’agit de concilier la quête de compétitivité de l’économie avec le souci environnemental et de la sûreté des travailleurs et consommateurs, il est difficile d'éviter que les réglementations deviennent compliquées. C’est un dilemme entre deux idéaux auquel l’Union européenne est fréquemment confrontée. La réglementation REACH et CLP en est un exemple révélateur.

 
Depuis 2006, le règlement concernant l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces substances (REACH) est en
vigueur. Le règlement CLP (Classification, Labelling, Packaging) l’est depuis 2009.
Néanmoins, cette réglementation ne fait pas partie des préoccupation centrales de l’opinion publique européenne. Et ceci alors que la date d’échéance pour leur application est le
30.11.2010!
Plus exactement : cette date butoir ne concerne que certains cas de REACH – pour d’autres, la date limite est fixée pour 2013 ou 2018. Et en effet, pour CLP, les délais importants à retenir
ne sont pas uniquement le 1.12.2010, mais aussi le 3.1.2011 et le 1.6.2015 (CLP).
Tout n’est donc pas si simple – rien que les dates de l’applicabilité de ces réglementations sont échelonnée de façon complexe dans le temps!

En ce qui concerne REACH, il s’agit tout de même d’une petite révolution : la charge de la preuve de l’innocuité chimique des produits utilisés relève désormais de la responsabilité des entreprises. De plus, ces dernières doivent remplacer les substances très toxiques par des substituts, dans la mesure du possible.
On comprend que les détails d’une telle réforme des réglementations des 27 Etats-membres de l’UE aient suscité de grandes controverses et l’influence de nombreux groupes de pression.
Certes, le résultat final a parfois été dénoncé par des écologistes comme trop édulcoré. Mais le simple fait de l’existence de ce projet ambitieux d’encadrement de l’industrie peut constituer un argument pour l’Union Européenne : selon certains, dans un monde multipolar, elle est mieux placée qu’un seul Etat national pour défendre certains standards de qualité et sûreté au niveau national et international.

Le règlement CLP, quant à lui, vise l’harmonisation des standards européens de signalisation des dangers des produits avec les standards conclus au sein de l’ONU. Ces derniers ont été
élaborés avec le Globally Harmonised System of Classification and Labelling of Chemicals (GHS), lors du sommet de l’ONU pour le développement durable à Johannesburg en 2002.



En effet, beaucoup d’entreprises sont encore trop peu soucieuses des enjeux que signifient ces réglementations. Sans doute, le fait que tout ce qui provient de l’UE semble si lointain et
abstrait contribue à cette insouciance. Mais aussi s’agit-il d’un long processus d’autorisation par lequel il faut passer, afin d’obtenir une autorisation pour une substance chimique donnée,
utilisée d’une certaine façon. REACH n’est donc pas un sujet accrocheur.
D’ailleurs, les chercheurs de l’ECHA sont eux-mêmes conscients de ce manque de visibilité.
A titre d’exemple, dans un entretien publié sur le site de l’ECHA, Dr. Tony Musu, membre de l’agence, s’inquiète sur le besoin d’avertissement des entreprises.
En conséquence, la communication sur ce sujet a été renforcée par les parties prenantes européennes. Par exemple, en octobre, le huitième Forum for Exchange of Information on
Enforcement a eu lieu à Helsinki. Entre autres, de nouveaux outils d’inspection et de promotion ont été approuvés, afin d’assurer l’application effective des réglementations
REACH et CLP.
Mais la chimie européenne ne bouge pas uniquement à Helsinki. Avec European Trade Union Confederation (ETUC) et European Chemical Workers’ Federation (EMCEF), deux grandes fédérations syndicales ont appelés leurs membres à être attentifs à la bonne application de ces réglementation, et de souligner, le cas échéant, auprès de leurs directeurs les problèmes qu’une mauvaise transposition pourrait engendrer. 

 
Effectivement, une entreprise qui néglige les obligations qui lui incombent de par REACH et
CLP risquera de payer des amendes financières.
Mais l’intérêt de bien appliquer ces réglementations n’est pas seulement financier. Comme le
rappelle Dr. Musu de l’ECHA, certaines études ont montré qu’en Europe, une maladie
professionnelle sur trois est causée par des substances chimiques. Le chercheur souligne
également que selon d’autres études, chaque année près de 74000 employés meurent en
Europe, du fait de l’utilisation de substances chimiques dangereuses au sein de leur lieu de
travail.

Qui plus est, le progrès de l’industrie chimique se maintient à un rythme très élevé. Souvent, il
est difficile pour le législateur de prédire tous les risques potentiels, liés aux nouvelles
technologies et aux enjeux environnementaux qui ne sont pris en compte que depuis peu de
temps (par exemple notamment la biodiversité, et l’impacte des produits chimiques sur les
fonctions vitales de certains espèces).
Si les législateurs veulent donc encadrer le dynamisme de l’industrie chimique, afin d’assurer
la santé et le bien-être des citoyens et de l’environnement, ils doivent se doter de mécanismes
ambitieux.

Sources

http://www.umweltbundesamt.at/umweltschutz/chemikalien/clp_kennzeichnung/ghs_clp/

http://echa.europa.eu/doc/etuc_emcef/etuc_emcef_interview_tmusu_en.pdf

http://www.etuc.org/a/7620

http://echa.europa.eu/news/pr/201010/pr_10_22_forum_20101015_en.asp 

http://www.mpch-mainz.mpg.de/mpg/deutsch/pri0706.htm

http://echa.europa.eu/doc/press/pr_10_17/pr_10_17_clp_press_kit_20100913_de.pdf